ACCUEIL                                                                                                                                                               22/09/2010

Mauvaise nouvelle


J’ai une mauvaise nouvelle à annoncer : nous ne sommes pas des dieux.
Le siècle des ténèbres, vingtième du nom, a pourtant tenté par trois fois de nous le faire croire.
Le fascisme l’a tenté et est mort dans le ridicule des torses bombés et des bombes qui lui sont retombées sur le nez. Des dizaines de millions de morts !
Le communisme l’a tenté et a disparu dans la trahison de ses élites qui, incapables de trouver une issue, ont allègrement trahi pour rejoindre un capitalisme apparemment flamboyant. Cent millions de morts !
Le capitalisme l’a tenté et le tente encore avec le même rêve insensé d’hégémonie universelle qu’il appelle globalisation. La machine à fabriquer les morts se met en place pour la troisième fois.

Pendant que le peuple reste par obligation dans le concret, la classe dirigeante rêve de gouvernance mondiale en s’enfermant dans son idéologie dont elle ne voit évidemment aucune issue. Elle met en place deux rênes : des medias pour faire croire et une administration pour maîtriser. Ces courroies de transmissions à mission impossible éloignent chaque jour davantage la classe dirigeante de son peuple. Elles se durcissent, l’une glissant vers la propagande, l’autre vers la répression pendant que l’idéologie s’enferme dans le rêve puéril et protecteur d’une déesse croissance qui viendrait tout régler.
Tout cela parce que des insensés essaient de nous faire croire que nous sommes des dieux en sachant combien cela nous fait plaisir. C’est tellement agréable !
Faudra-t-il un milliard de morts avant que nous réalisions que la monnaie est de l’énergie humaine stockée et que sa raison d’être comme celle du monument est de se souvenir (moneo est la forme causative de la racine men de Mnémosyne déesse de la mémoire) ? L’homme, n’étant pas un dieu, ne peut créer de l'argent qu’en travaillant ou en faisant des enfants. Mais si le travail est un devoir, il est aussi un droit que nos dirigeants ne protègent plus tellement ils sont loin des réalités.
Faudra-t-il un milliard de morts avant que nous ne comprenions que l’argent sans travail est une impossibilité matérielle et qu’il s’autodétruit par la dévaluation et la hausse des prix ? Aucune banque centrale n’a la capacité d’interdire la dévaluation. C’est la dévaluation qui s’évanouit d’elle-même dès que l’on interdit la création d’argent sans travail.
Faudra-t-il un milliard de morts avant que nous acceptions d’être des mortels qui ne peuvent acheter une impression d’immortalité avec de l’argent que nous n’avons pas ? Accueillir sa mort est un travail que l’homme doit réapprendre en espérant seulement y arriver debout.
Faudra-t-il un milliard de morts avant que la classe dirigeante ne comprenne qu’il faut remonter les frontières, donner du travail à tous, et nous accompagner dans les énormes contradictions que ce protectionnisme révèlera en nous ? Nous devons tous travailler notre humilité, réapprendre le renoncement et retrouver le bon sens que les paysans eux-mêmes ont perdu.
Mais la classe politique s’est-elle sélectionnée pour avoir le courage de nous dire la vérité ou pour durer en nous assurant que nous sommes des dieux ?


Marc Dugois

 

Le Produit Intérieur Brut

          Imaginons la France comme une seule entreprise, sans contact avec les autres pays, fonctionnant en autarcie sans monnaie. Son économie fondée sur l’échange des êtres, le don de soi et l’accueil des autres, ne serait pas dans l’échange des avoirs que serait le troc. Chacun, mu par sa conscience ou par l’autorité publique, apporterait à la collectivité sa personne, ce qu’il saurait faire, ce que son travail passé lui aurait appris et ce que son travail présent lui ferait réaliser.
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Le langage des économistes n’est-il pas la seule chose compliquée en économie ?

         Une étude de l’histoire de la médecine montre comment en occident le bon sens s’est confronté aux dogmes du XVIème siècle au XIXème siècle, et n’a triomphé que grâce à une succession de personnalités comme Ambroise Paré, William Harvey ou Philippe Semmelweis qui tous parlaient simplement de leur art de façon compréhensible car les mots étaient là pour véhiculer une pensée. A l’inverse les dogmatiques, admirablement décrits par Molière et dont on a évidemment oublié les noms, n’existaient que par un langage abscons qui masquait la limite dramatique des saignées et des purges. Il a fallu attendre Louis Pasteur pour que les dogmatiques rendent les armes dans la débandade coutumière de ceux qui s’agrippent les uns aux autres sans réaliser qu’ils ne sont solidaires que du pinceau.
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