|
Janvier
1999
Editorial
Chaque
mois la lettre de l'écosophie proposera
sous des plumes, nous l'espérons variées, des articles de
fond, poussant à la réflexion dans un des trois domaines
fondamentaux de l'économie, de l'éducation et de la politique.
Dans les lettres suivantes, seront éditées et discutées,
les réactions des lecteurs à ces questions de fond. Nous
essaierons toujours de dépasser les clivages traditionnels et de
surmonter les querelles en essayant de trouver les choix qui les sous-tendent.
Nous ne nous intéresserons
à la question "droit du sol ou droit du sang?" qu'après
nous être demandé: droit à quoi ? Nous ne nous pencherons
sur l'avortement ou même sur l'euthanasie, qu'après avoir
planché sur les définitions des limites de la vie. Il est
en effet difficile de discuter sereinement de sujets sulfureux sans avoir
préalablement défini clairement les mots utilisés
dans les raisonnements. Bien souvent les querelles naissent plus de nos
difficultés à tomber d'accord sur le sens d'un mot, et se
montent en épingle sur nos difficultés à écouter
ce que l'autre veut dire.
Dans ce numéro
0 nous publions trois articles de Marc DUGOIS qui ont déjà
été publiés dans des quotidiens ou des hebdomadaires.
Ils sont le coup d'envoi d'un échange d'idées, d'un échange
interactif.

Nous
ne résoudrons le chômage que par la guerre ou la philosophie! |
 |
|
(Publié
dans La Croix le 2 septembre 1998 sous le titre: Utiliser
la philmosophie contre le chômage)
Mon propos
n'est pas d'analyser comment la guerre résout le problème
du chômage. D'autres s'y sont employés et l'évidence
est malheureusement là pour ceux qui en douterait. Mon choix
se porte plus sur l'autre voie, celle de la philosophie, qui est
souvent moins sanglante, jamais moins dérangeante.
Elle ne se
satisfait pas d'attendre en s'évadant, le désastre
que tout le monde pressent sans bien se l'expliquer. Aux hommes
politiques les fastes des pas de deux majorité opposition,
à la philosophie le soin de proposer des réflexions.
Lire
la suite...
|

Je voterai blanc... |
 |
|
(Publié
par extraits dans l'Evénement du Jeudi du 21 mai 1997)
Je voterai
blanc parce que vous êtes unanimes à nous proposer
de prier pour l'arrivée de la croissance, condition nécessaire
à votre efficacité, alors que cette croissance nous
appauvrit, qu'elle le fait même doublement puisqu'elle enrichit
l'Etat. Si vous en doutez et que vous vous dites de droite, lisez
J. GOLDSMITH quand il écrit dans le Times que l'augmentation
de la criminalité fait de la croissance, et vérifiez
que si je casse toutes les vitres de ma rue, nous allons nous appauvrir
et l'état s'enrichir de la TVA. Si vous vous croyez de gauche,
écoutez J. DELORS quand il dit qu'un immense embouteillage
fait de la croissance et observez comment nous allons tous dans
ce cas, payer de l'essence pour rien sauf pour l'Etat et ses taxes.
Lire
la suite...
|

Le
devoir de vivre en s'engageant |
 |
|
(Publié
dans La Croix le 3 décembre 1998)
(Titre original: Le devoir de vivre)
Nos
enfants se savent un devoir de vivre. Ils aimeraient en connaître
les règles.
Eduquer c'est
aider chacun à épanouir en soi, au mieux de ses capacités,
son être vrai, son agir vrai et son échange vrai.
On s'aperçoit
vite que les trois sont liés et l'on découvre un premier
cycle d'enrichissement personnel: l'échange apporte la connaissance
à l'être. L'être va décider l'action.
L'action apportera la tolérance à l'échange.
L'échange augmentera encore la connaissance qui enrichira
davantage l'être qui deviendra plus apte à prendre
les décisions d'actions qui le confronteront encore plus
au nécessaire respect de l'autre, etc.... C'est le cycle
de l'école qui construit en mettant l'accent sur les connaissances,
la tolérance et le choix. Lire
la suite...
|
Si
ces trois articles jettent un regard incisif sur notre société,
la lettre de l'écosophie n'entend pas en rester au stade de la
critique. Nous essaierons, numéro après numéro de
rassembler des éléments de réponse pour mieux construire
demain.
Certes nous ne répondrons
pas à la sempiternelle question: "Oui mais alors, que proposez-vous?",
comme si la solution préexistait, unique, déjà mâchée,
et comme si nous pouvions sans efforts et par un bon choix de dirigeants,
résoudre nos problèmes. Nous ne ferons pas ce que nous appelons
l'erreur politique.ous ne tomberons pas non plus dans un catastrophisme
paralysant. Nous sommes parfaitement capables d'éviter en grande
partie le programme de Churchill "de la sueur, du sang et des larmes"
si nous savons prendre de la distance avec certaines croyances actuelles
qui nous aveuglent et si nous cherchons à allier mouvement et harmonie.
Prendre de la distance
avec cette belle utopie que sont ces richesses, produites apparemment
naturellement par la "croissance", et qui nous permettraient non seulement
de vivre de plus en plus aisément avec de moins en moins d'efforts,
mais encore de distribuer, sans se priver, ce dont ils ont besoin à
tous ceux, proches et lointains, dont le malheur rentre dans nos vies
par les media et perturbe notre tranquillité.
Allier le mouvement
et l'harmonie c'est d'abord éviter l'harmonie sans le mouvement,
ne pas sombrer dans la mort, dans ce que les gens qui se disent de gauche
appellent la droite. C'est éviter aussi le mouvement sans harmonie,
le tohu-bohu, ce que les gens qui se disent de droite appellent la gauche.
C'est sans doute retrouver des beaux mots trop oubliés actuellement
comme rythme et discernement.
|