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1er
Trimestre 1999
Editorial
La
croissance se définit comme l'augmentation, le développement,
la progression. Comment ne pas y être favorable? Et pourtant cette
notion plaquée à l'économie recouvre des idées
qui ne sont pas si claires.
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"Retrouver la croissance pour faire reculer le chômage" (E. BALLADUR
sur TF1 le 23 avril 1997 à 20h). "Tout le monde est d'accord sur
l'idée que plus il y a de croissance mieux on se porte" (D. STRAUSS-KAHN
sur Europe 1 le 29 avril à 8h). "Si nous ne retrouvons pas la croissance
nous resterons avec le chômage le plus élevé" (N.
SARKOZY sur Europe 1 le 29 avril à 8h). "Il faut le retour de la
croissance" (H. EMMANUELLI sur RTL le 29 avril à 19h). "Il n'y
a pas de possibilité de réduire le chômage sans un
retour de la croissance" (L. FABIUS sur RTL le 4 mai à 19h). "Sans
croissance rien n'est possible" (E. BALLADUR sur Europe 1 le 5 mai à
8h). Le Parti Communiste, le Front National ou les Verts recherchent eux
aussi cette croissance salvatrice.
Fin 1997 L'Ecole
de Paris avait organisé un débat sur: "Des français
de plus en plus pauvres dans une France de plus en plus riche. Mais qu'est
ce donc au juste que la croissance?". Les élèves de l'école
des Mines de Paris qui avaient préparé les débats,
avaient été surpris de l'impossibilité qu'ils avaient
eu à obtenir une définition claire de la croissance, au
delà des classiques "augmentation du Produit National Brut (PNB)
ou du Produit Intérieur Brut (PIB)". La croissance ce serait l'augmentation
des richesses avec évidemment la question subsidiaire: "Mais où
sont elles donc?", quand ce n'est pas "l'horreur économique" de
ceux qui se les accaparent indûment.
Puisque sans croissance
rien ne semble possible, essayons de bien comprendre ce qu'elle est. Il
faut sans doute commencer par s'interroger sur ce qu'est la richesse avant
d'étudier son éventuelle augmentation. Peut-être aussi
faut-il se demander ce qu'est l'argent, symbole de cette richesse. La
lettre de l'écosophie veut lancer le débat sur ce qu'est
vraiment la croissance.

La
richesse |
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La
richesse n'est qu'un regard. C'est la forme agréable de la
possession mais ce n'est pas la seule. On peut posséder aussi
un embarras ou un déchet qui sont des formes moins plaisantes
de l'avoir. Comment distinguer les différentes formes de
propriété, une richesse, d'un déchet ou d'un
embarras si c'est objectivement la même chose? Lire
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L'argent
de son origine à sa cancérisation |
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Toute
vie sociale est structurée par une loi fondamentale plus
ou moins explicite qui donne cohésion à l'ensemble.
Cette loi est la raison d'être du groupe et dans cette cohérence,
s'expriment le don de soi et l'accueil de l'autre. De là
se construisent les échanges de biens et de services, ce
que l'on a souvent réduit au troc.
Arrive un
temps où le pouvoir réalise que la loi fondamentale
n'assure plus la cohésion et l'échange des êtres.
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Et
si la croissance nous appauvrissait ? |
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A
en croire la rumeur publique, nous allons nous partager au mieux
les fruits de la croissance. Dans toute négociation il est
toujours une voix pour rappeler, quand on est en quête de
financement, qu'il ne faut pas oublier la croissance.
La croissance
se présente comme l'augmentation du PNB, du PIB (Produit
National ou Intérieur Brut), de la Valeur Ajoutée,
mais pour aborder ces notions, il faut sans doute prendre une autre
mesure que l'argent dont la définition ne nous apparaît
plus clairement, ou que la richesse qui n'est qu'un mode de regard
. Lire
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La
lettre de l'écosophie désire avant tout être un carrefour,
un lieu de dialogue, de confrontation d'idées, d'échange
sur tout ce qui est important aujourd'hui. C'est sur les sujets proposés
par les lecteurs que nous travaillerons pour lancer les débats
et nous espérons que leurs réactions et leurs courriers
nourrira cette rubrique d'échange qui doit prendre sa place dès
le numéro 2.
C'est avec ses lecteurs
que la lettre de l'écosophie trouvera le juste équilibre
entre la politique, l'économie et l'éducation. C'est avec
eux que nous chercherons petit à petit, et à tâtons,
une harmonie entre les critiques éventuellement décapantes
et les propositions de réflexions pour que nous nous entraidions
à construire, chacun dans sa liberté, c'est-à-dire
dans ses choix.
Bertrand
BIETTE,
36 ans, avocat, Ile de France,
Jean-Philippe RENAUDON, 37 ans, agrégé de philosophie,
Poitou Charentes,
Jean-Louis VALLIER, 52 ans, entrepreneur de transports, Rhône
Alpes,
ont accepté d'être le premier noyau du comité de rédaction
qui critiquera toutes les lettres de l'écosophie avant leur parution.
Ce comité se veut multiple et divers.
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