|
La violence
La violence est
à l'école, dans le métro, dans les stades et les
banlieues. Nous la sentons monter inéluctablement. Est-elle l'oeuvre
de "sauvageons" qu'il va falloir apprivoiser, tenir ou mater, selon les
sensibilités politiques? Ou bien y a-t-il un vrai risque que cela
soit beaucoup plus préoccupant? La
force incontrôlée n'entraîne pas forcément la
violence. Une éruption solaire n'est pas vécue comme violente
mais comme belle. Pour que nous la ressentions comme violente il faut
que quelque chose qui nous touche soit dérangé. Si ce côté
rangé est insupportable, alors la violence sera réputée
bonne. Si au contraire ce même côté rangé est
ressenti comme harmonieux ou reposant, la violence qui le dérangera
sera inadmissible. C'est le regard porté sur le rangement bousculé
qui donnera la qualité de la violence induite. La difficulté
de l'accouchement génère une violence naturelle. La libération
de la France donnait un sens très positif à la violence
des résistants. A l'inverse la violence du casseur est très
mal ressentie par les tenants de l'ordre. |