3ème trimestre 1999

Editorial

         Les livres dits "sacrés" véhiculent discrètement la mémoire collective. Que leur origine soit divine ou populaire, ils contiennent, souvent cachées sous le voile, des informations passionnantes. Dans la Bible, au temps d'Abraham, dans la ville de Sodome, les habitants, "du plus jeune au plus vieux, le peuple entier sans exception,..."(Gn 19-4), étaient dans l'inversion. Avant de détruire la ville, Dieu y envoya ses anges qui, après vérification, rendirent chacun aveugle; "Ils frappèrent de cécité les gens, depuis le plus petit jusqu'au plus grand,..."(Gn 19-11), avant que la géhenne ne s'abatte.
         La sagesse, divine ou populaire, ne nous fait elle pas entendre par là, symboliquement, que lorsque tout marche sur la tête, quand l'inversion est générale, la cécité collective précède la grande violence? Ne devrions-nous pas nous laisser déranger par ces récits dans lesquels sont transposés les événements et les rapports humains et qui relatent toujours les mythes les plus profonds de notre humanité? Ne serions-nous pas en train de vérifier la justesse du mythe de Sodome en nous aveuglant nous-mêmes et en refusant de regarder les réalités qui nous bousculent.
         Nous n'aimons pas ouvrir les yeux sur l'idée que la croissance nous appauvrit. Nous hésitons à regarder en face les difficultés qu'a l'école à être le lieu unique d'éducation alors qu'elle n'est conçue que pour instruire. Nous avons du mal à réaliser que la classe politique tente, sans doute inconsciemment, de nous entraîner vers des rivages qu'elle ignore mais qu'elle explique avec talent. Trouverons-nous en nous-mêmes la force d'affronter l'inversion?
         Nous ne saurons jamais ce qui se serait passé à Sodome si les habitants avaient dépassé leur cécité. Mais nous pouvons y réfléchir pour nous-mêmes.


Le travail

         Le travail nous range et nous dérange. D'un côté le supplice du triple pal, le tripallium, a donné son nom à ces pinces abominables, les travailles, qui au moyen âge "travaillaient" les suppliciés. Le travail est au fond de nous-mêmes, tapi dans notre inconscient, le mal nécessaire. "Tu enfanteras dans la douleur" et "tu gagneras ton pain à la sueur de ton front" sont les deux symboles du paradis perdu. Lire la suite...


J'ai fait un rêve

         J'ai fait un rêve où la classe politique nous expliquait que la liberté n'était pas de faire ce que nous voulons, où nous le voulons, quand nous le voulons, mais d'être esclave de nos propres choix, que chaque être peut décider lui-même des efforts à faire mais qu'il est tenu par ses propres décisions.
         J'ai fait un rêve où la classe politique nous expliquait que l'égalité n'était pas l'identité ou le nivellement des êtres mais le fait que chacun est à la fois supérieur et inférieur à tout autre homme, que nous sommes tous différents et tous respectables. Lire la suite...


Elections, fondement de la
démocratie ou "piège à c..."?
         La démocratie est fondée sur deux pieds, aisément contradictoires, qui sont "donner la parole à tous" et "accueillir ce que dit la majorité comme intelligent".
         Comment les rendre compatibles sans tomber dans l'exemple du guide "démocrate" d'un musée qui va accueillir ses visiteurs par un "Nous allons voter pour savoir si nous commençons par la salle 12 ou par la salle 27" ?
         C'est au fond un petit problème logique qu'il faut d'abord poser. Lire la suite...

Courrier des lecteurs !