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En attendant
le krach boursier
L'inflation
est l'augmentation de la masse monétaire. Chez nous, la monnaie
a d'abord été métallique (le bronze, l'or, l'argent),
puis fiduciaire (le papier monnaie) puis scripturale (le chèque,
l'effet), puis magnétique (la carte de crédit), puis virtuelle.
Aujourd'hui tous les grands organismes financiers ou industriels achètent
sur la confiance placée en leurs noms, avec de l'argent qu'ils
n'ont pas, des valeurs que l'on revendra avant d'avoir à les payer.
Tout est fondé sur la certitude qu'à long terme la Bourse
ne peut que monter puisque la croissance nous enrichit naturellement.
Ces bénéfices financiers deviennent même dans de nombreux
groupes, ceux qui compensent les pertes industrielles et commerciales,
et permettent de sortir des résultats globaux positifs.
Jamais dans notre
société nous n'avons eu une telle inflation. Mais l'inflation
qui est création de monnaie est forcément compensée
par une destruction équivalente de monnaie. Cette destruction est
évidemment toujours injuste en micro-économie, elle est
absolument obligatoire en macro-économie. Cette injustice obligatoire
destructrice d'argent c'est habituellement la hausse des prix.
Si sur une île
habitée par une peuplade vivant en autarcie, on parachute un container
de billets de banque doublant la masse monétaire de l'île,
l'injustice sera évidemment de la partie puisque il y aura des
gagnants et des perdants, mais le résultat inévitable sera
à terme le doublement des prix.
La classe politique
a pris conscience de l'injustice de la hausse des prix et a souhaité
l'arrêter. Malheureusement elle n'a sans doute pas réalisé
que le vrai problème de l'inflation, de la création de monnaie,
c'est le plaisir qui précède l'effort et que ce problème
là ne pouvait se résoudre sans déranger et sans déplaire.
Alors, comme nous
savons si bien le faire, nous avons masqué le problème en
décalant le sens du mot inflation sur un autre, la hausse des prix,
qui elle s'est arrêtée.
Nous avons réussi
ce décalage qui rend toute discussion sur le sujet quasiment impossible.
En effet lorsque tout le monde s'accorde pour dire que "l'inflation est
un mal" personne ne sait plus qui parle vraiment de l'inflation ou qui
parle de la hausse des prix qui en est le remède naturel. Nous
mêlons savamment sous le même mot inflation, le mal et son
remède et nous entendons sans arrêt la classe politico-médiatique
nous répéter à l'envi qu'il n'y a plus d'inflation,
alors qu'elle n'a jamais été aussi forte mais qu'elle ne
se régule plus par la hausse des prix rebaptisée faussement
inflation, ce qui doit nous poser deux questions:
1) Pourquoi la hausse
des prix s'est elle arrêtée?
2) Comment l'inflation
se régule-t-elle aujourd'hui en l'absence de son remède
naturel, la hausse des prix?
Pourquoi
la hausse des prix s'est elle arrêtée?
Au
delà des cocoricos politiques façon "nous avons jugulé
l'inflation", force est de constater que le système économique
entier est fondé sur la croissance nécessaire qu'il faut
donc acheter puisqu'une fois de plus, répétons le, la croissance
s'achète et ne produit aucun fruit.
Mais les entreprises
sont coincées dans le décalage entre notre vérité
(la croissance appauvrit doublement puisque non seulement elle est appauvrissement
mais, en enrichissant l'Etat, elle augmente l'appauvrissement du non-Etat)
et la vérité politico-médiatique d'une croissance
distributrice de richesse avec le seul souci d'une vraie justice de répartition.
Les dirigeants d'entreprises
savent que leurs charges ne cessent d'augmenter pendant que leurs clients
sont de plus en plus difficiles à décrocher. Ils savent
que les prélèvements obligatoires atteignent année
après année des records historiques toujours battus. Ils
savent qu'ils doivent pour tenir, baisser leur prix, ce qu'ils font de
deux façons: d'une part malheureusement souvent en vendant à
perte (dumping) et en reportant dans le temps pour ne pas mourir, les
conséquences de ces choix suicidaires, d'autre part pour les grosses
entreprises qui ne peuvent vendre à perte, en se concentrant dans
un mouvement indispensable pour augmenter la productivité, c'est
à dire, supprimer les postes de travail et reporter sur la collectivité
la survie et la vie de ces futurs chômeurs.
Certes ces futurs
chômeurs seront indemnisés par une collectivité qui,
en attendant la croissance, augmentera les charges des entreprises qui,
pour tenir (Encore un instant Monsieur le bourreau!), rabaisseront encore
leurs prix. La classe politico-médiatique parlera des feux, tous
au vert, qui annoncent des lendemains enchanteurs, et laissera croire
que l'essentiel de l'effort est déjà fait.
On ne réalise
pas suffisamment que cette obligation de baisse des prix pour ne pas mourir
avant les autres, est une vis sans fin alors que les remèdes actuels,
c'est-à-dire les concentrations d'entreprises ou les ventes à
perte, atteindront rapidement leurs limites.
En effet, en dépit
des concentrations des gros et des ventes à perte des petits, les
entreprises deviennent de plus en plus des éponges à perte,
sous des apparences de bonne santé.
Elles en ont à
la fois la possibilité technique et l'encouragement psychologique.
Techniquement elles
le peuvent par le dogme comptable de la pérennité des entreprises
sur lequel sont fondés tous les bilans. Les entreprises sont comptablement
immortelles et ce dogme va à l'encontre du bon sens et de cet autre
dogme, celui du libéralisme, qui ne voit de lendemains qu'aux meilleurs.
Si nous prenions
comme valeur réelle d'une entreprise, ce qui reste après
la réalisation de ses actifs et le paiement de ses dettes, quel
serait le pourcentage des entreprises ayant une valeur positive? Il serait
passionnant de voir des "experts" se pencher sur cette question précise..
Psychologiquement
elles y sont poussées parce que la trilogie "Etat, Patronat, Syndicats"
a intérêt à y croire et à y faire croire.
Les syndicats parce
que le mythe des entreprises riches est le moteur de leurs demandes.
Le patronat parce
qu'il pressent que le système s'effondrera comme la maison du petit
cochon devant le Grand Méchant Loup, le jour ou un enfant dira
" Le Roi est nu". On comprend d'ailleurs les chefs d'entreprises qui s'accrochent
à l'idée que la croissance résoudra les problèmes
puisque sans elle, point de salut.
L'Etat parce que,
se finançant sur notre appauvrissement, il a besoin de croire à
la réalité des bénéfices des entreprises auxquels
il est associé par l'impôt sur les sociétés,
ainsi qu'à la réalité de la valeur ajoutée
sur laquelle il a établi sa TVA.
Comment
l'inflation se régule-t-elle aujourd'hui en l'absence de son remède
naturel, la hausse des prix?
Il
doit d'abord être remarqué que rien n'est réfléchi,
voulu, travaillé dans cette destruction d'argent. Elle se met en
place tout naturellement pour compenser une création d'argent que
l'on ne veut voir.
Le principe est simple:
Prenez un bien mobilier
ou immobilier. Transformez-le en éponge à argent en lançant
l'idée qu'il vaudra plus cher demain qu'aujourd'hui et que le posséder,
c'est déjà la certitude d'une plus-value assurée. Laissez
tourner votre piège le temps nécessaire à ce que les
gogos s'y laissent bien prendre et que le prix du bien par un jeu calculé
à 5 ou 6 bandes augmente sans cesse, c'est à dire réunisse
sous son nom une somme d'argent de plus en plus forte.
Attendez qu'il réunisse
la somme à détruire. S'il doit détruire plus encore,
attendez encore qu'il réunisse encore plus.... laissez monter. Aucun
risque d'évasion de la monnaie à détruire puisque personne
ne peut sortir avant d'avoir trouver son remplaçant. Le jour venu
(pas avant!) constatez l'absence de valeur, la tristesse du dernier dindon
qui a le mistigri au mauvais dernier moment et observez comment la nature
rétablit toujours en macro-économie les grands équilibres.
Pour ceux qui hésiteraient
à comprendre, observons la répétition qui a été
faite dans les années 90 sur l'immobilier: la montée permanente
du prix de l'immobilier jusqu'à sa chute entraînant une destruction
d'argent principalement chez les professionnels de l'immobilier, fragilisant
l'ensemble du système bancaire, faisant sauter plusieurs banques
comme MONOD , GALLIERE ou PALLAS en en fragilisant tellement d'autres.Aujourd'hui
le système se concentre sur la Bourse. Les actions montent et monteront
sans fin tant qu'i y aura de l'argent à détruire.
Des sources conjoncturelles
comme le remboursement de l'emprunt Balladur, ajoutées aux sources
structurelles comme l'inflation, génèrent une quantité
d'argent que nous ne savons plus détruire lucidement. Nous laissons
un système détruire l'argent en le fondant sur l'enrichissement
d'une minorité. Ce n'est pas une coïncidence si le loto donne
à l'Etat de l'argent pris à tous les joueurs, en fondant sa
dynamique sur l'enrichissement miraculeux de certains, dans le même
temps où la Bourse enrichit tous ceux qui savent rentrer et sortir
à temps, en laissant la perte aux malheureux qui seront là
le jour où il aurait fallu sortir la veille. Dans ce rôle de
malheureux, l'Etat semble mettre en conscience ou inconsciemment les institutionnels
(les Zinzins!) lorsqu'il fait décider par une classe politique intellectuellement
en vacances, l'augmentation des réserves obligatoires en actions
des dits institutionnels de 3 mois à 18 mois de prestations(octobre
99). Les caisses de retraites qui vont avoir à verser des prestations
de plus en plus fortes devront bloquer en actions 18 mois de prestations
ce qui leur donnera toutes leurs chances pour gagner le mistigri.
L'Etat est il conscient
que derrière les institutionnels, se trouvent des "petites gens",
des français dits moyens, des électeurs de base, à
qui un jour, il faudra expliquer que: "personne n'avait prévu...!"
lorsqu'ils réaliseront être les perdants du système.
Ils auront du mal à accepter.
Sommes
nous dans l'absurde? l'assourdissant? ou l'inaudible?
Ce
qui est sûr c'est que la mémoire nous manque. Oubliée
"l'euphorie financière (Galbraith)" des années 1630 sur
les tulipes en Hollande où un oignon pouvait valoir "un carrosse
neuf, deux chevaux gris et leurs harnais", avant de ruiner les derniers
porteurs qui n'eurent droit qu'à une tulipe. Oublié Monsieur
Law et son système, mais là nous sommes tellement dans la
copie conforme de ce qui se passe aujourd'hui que nous en parlerons séparément.
 
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