1er trimestre 2000

Editorial

         Absurde!" est une exclamation de défense devant une idée dérangeante. "Assourdissant!" est une exclamation de désarroi devant un bruit si puissant que nous en perdons notre capacité d'analyse. Il s'agit pourtant du même mot.
         Au 12ème siècle, absurdus donne "absorde", inaudible, dissonant, "qui n'est pas dans le ton". Surdus veut dire "qui n'entend pas" ou "qui ne veut pas entendre". L'absurde c'est l'inaudible. En 1120 "soi assurdir" signifie ne pas écouter, se rendre sourd. Ce même ab-surdus donne à la fois la remise en cause de l'autre par l'absurde ou la remise en question de soi-même par l'assourdissant.
         Absurde ou assourdissant, souvent l'inaudible vient de l'inacceptable, de notre difficulté à accueillir le dérangement.
         L'absurdité comme l'assourdissement sont des échanges ratés. L'échange, s'il est mal nourri par la tolérance, l'expression et la perception (Cf. Lettre de l'Ecosophie n°4), devient souvent délire en se repliant sur lui-même. Lui qui devrait nous enrichir de l'autre, nous rend alors souvent sourd à l'autre, il nous le rend absurde ou assourdissant. C'est la voie royale, et tellement actuelle, vers la pensée unique.
         N'oublions jamais que l'échange n'enrichit vraiment que par l'action et la réflexion qui l'accompagnent!La Lettre de l'Ecosophie veut tenter de se laisser déranger par l'inaudible, l'écouter et l'exprimer, l'entendre et l'écrire. C'est probablement par l'écoute de l'inaudible que nous éviterons les catastrophes. Mais peut-être est-ce inouï ?


Le mensonge

         Nous avons appris que le mensonge était mal. Mais malheur à celui qui en déduirait qu'un résistant devait donc dire toute la vérité à la Gestapo qui l'interrogeait!
         Pour comprendre cette contradiction apparente, il faut réaliser que tout mensonge est sous-tendu par une peur et que le regard que l'on a sur cette peur, entraîne le regard que l'on porte sur le mensonge qui s'en déduit. Lire la suite...


En attendant le krach boursier

         L'inflation est l'augmentation de la masse monétaire. Chez nous, la monnaie a d'abord été métallique (le bronze, l'or, l'argent), puis fiduciaire (le papier monnaie) puis scripturale (le chèque, l'effet), puis magnétique (la carte de crédit), puis virtuelle. Aujourd'hui tous les grands organismes financiers ou industriels achètent sur la confiance placée en leurs noms, avec de l'argent qu'ils n'ont pas, des valeurs que l'on revendra avant d'avoir à les payer. Tout est fondé sur la certitude qu'à long terme la Bourse ne peut que monter puisque la croissance nous enrichit naturellement. Ces bénéfices financiers deviennent même dans de nombreux groupes, ceux qui compensent les pertes industrielles et commerciales, et permettent de sortir des résultats globaux positifs. Lire la suite...


Napoléon a tué la Vendée...

         La Vendée militaire allait de Fontenay le Comte aux Herbiers, de Cholet à Parthenay, elle s'opposait à la République pour des raisons probablement aussi complexes que celles qui se font s'entre-déchirer les Carpates ou les Balkans. Lire la suite...

Courrier des lecteurs !