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Le bateau coule.
Mesdames,
Messieurs,... le bateau coule.
A
l'annonce froide et objective de l'imminence du désastre, nos réactions
nous révèlent à nous-mêmes, dans nos héroïsmes
et nos médiocrités, rarement dans notre efficacité.
Si nous y croyons,
nous allons probablement paniquer, courir aux chaloupes, révéler
notre nature en accueillant la mort pour laisser passer telle passagère,
ou forcer un marin à utiliser son arme pour freiner notre ardeur
à oublier les autres.
Si nous n'y croyons
pas, nous allons répondre "Laissez nous danser" aux enquiquineurs,
porteurs de la nouvelle. Nous serons les gendres de Loth refusant l'idée
même de la destruction de Sodome, et s'aveuglant par paresse intellectuelle.
Aveuglement d'un
côté, panique de l'autre avec ses regard égocentrés,
où se situe l'intelligence? Si nous avions été le
commandant du Titanic ou le roi de Sodome, et si nous avions su par avance
ce qui allait arriver, qu'eut-il-été intelligent que nous
fissions? Que devrait faire aujourd'hui la classe politique ?
Bienheureux celui
qui aurait la réponse! Mais si déjà nos dirigeants
réussissaient à se poser la question, à se mettre
à la place du commandant et non des passagers, quel air frais ils
nous donneraient!
 
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